Accueil Intermédiaire 12/18
Le calife et le vieil homme
اَلْخَلِيفَةُ وَالشَّيْخُ
Un jour, le calife et son vizir passèrent près d'un vieillard de soixante-dix ans en train de planter des palmiers. Le calife l'interrogea en disant : Penses-tu que tu mangeras des fruits de ces palmiers, sachant qu'ils ne donnent de fruits qu'après de longues années ?
فِي أَحَدِ الْأَيَّامِ مَرَّ الْخَلِيفَةُ وَوَزِيرُهُ بِشَيْخٍ فِي السَّبْعِينَ مِنْ عُمْرِهِ، وَهُوَ يَغْرِسُ نَخْلًا، فَسَأَلَهُ الْخَلِيفَةُ قَائِلًا : هَلْ تَظُنُّ أَنَّكَ سَتَأْكُلُ مِنْ ثَمَرِ هَذَا النَّخْلِ، وَأَنْتَ تَعْلَمُ أَنَّهُ لَا يُثْمِرُ إِلَّا بَعْدَ سَنَوَاتٍ طَوِيلَةٍ ؟
Le cheikh répondit : Ils ont planté et nous avons mangé, nous plantons et ils mangeront. Le calife s'émerveilla de la sagesse du cheikh et lui offrit cent dinars.
فَأَجَابَ الشَّيْخُ : غَرَسُوا فَأَكَلْنَا وَنَغْرِسُ فَيَأْكُلُونَ. عَجِبَ الْخَلِيفَةُ مِنْ حِكْمَةِ الشَّيْخِ وَوَهَبَهُ مِائَةَ دِينَارٍ.
Le cheikh prit l'argent et dit : Vois, ô calife, les palmiers ont déjà donné leurs fruits. Le calife rit des paroles du sage cheikh et lui accorda cent autres dinars.
أَخَذَ الشَّيْخُ الْمَالَ وَقَالَ : اُنْظُرْ أَيُّهَا الْخَلِيفَةُ لَقَدْ أَثْمَرَ النَّخْلُ. ضَحِكَ الْخَلِيفَةُ مِنْ كَلَامِ الشَّيْخِ الْحَكِيمِ وَمَنَحَهُ مِائَةَ دِينَارٍ أُخْرَى.
Le cheikh dit, le sourire illuminant son visage : Chaque plantation ne donne ses fruits qu'une seule fois par an, sauf la mienne qui a donné deux fois. L'admiration du calife ne fit que croître pour l'intelligence de ce cheikh, et il ordonna de lui remettre cent autres dinars.
فَقَالَ الشَّيْخُ وَالِابْتِسَامَةُ تَمْلَأُ وَجْهَهُ : كُلُّ غَرْسٍ يُثْمِرُ مَرَّةً وَاحِدَةً فِي السَّنَةِ إِلَّا غَرْسِي فَقَدْ أَثْمَرَ مَرَّتَيْنِ. فَازْدَادَ إِعْجَابُ الْخَلِيفَةِ بِذَكَاءِ هَذَا الشَّيْخِ وَأَمَرَ لَهُ بِمِائَةِ دِينَارٍ أُخْرَى.
Le calife se tourna vers son vizir et dit : Partons vite, sinon il finira par prendre tout notre argent grâce à sa sagesse et à sa vivacité d'esprit.
تَوَجَّهَ الْخَلِيفَةُ إِلَى وَزِيرِهِ وَقَالَ : أَسْرِعْ بِنَا وَإِلَّا أَخَذَ جَمِيعَ أَمْوَالِنَا لِحِكْمَتِهِ وَسُرْعَةِ خَاطِرِهِ.